#NonAuHarcèlement

Il y a 7 ans quand j'en parlais, les gens disaient que je me faisais "embêter à l'école". Lorsque j'employais le mot "harcèlement", tout le monde me disait que c'était "exagéré", que j'en "faisais trop" et qu'il y avait bien pire dans le monde que de se faire "enquiquiner par ses camarades d'école".

Aujourd'hui, les gens commencent enfin à ouvrir les yeux sur ce qu'il se passe dans les écoles, à croire que les adultes commencent à comprendre que oui, la méchanceté gratuite chez les enfants ça existe et que même entre eux, ils peuvent être détestable.

Je vais m'adresser à toutes les personnes qui ont subit ou qui subissent toujours le harcèlement aujourd'hui : ce n'est PAS ta faute ! Lorsque l'on se fait harceler, c'est souvent parce que l'on est différent, que l'on est introverti, timide, plus mature que la moyenne, petit, que l'on ne rentre pas dans la "norme".

MON HISTOIRE.

Tout a commencé quand je suis rentré au collège. Pour être honnête, j'arrivais déjà avec quelques "handicapes" (avec de grooosses guillemets) : J'avais 13 ans, je faisais quasiment 1m70, j'étais roux, timide et je n'avais pas encore mué. Comment vous dire qu'autant de différences en une seule personne, j'étais le bouc-émissaire parfait.

Pendant toutes mes années collège, des rumeurs ont tourné sur moi dans l'ensemble de mes établissements, des gens que je ne connaissaient même pas me connaissaient et venaient m'insulter au milieu de la cours. À ces moments-là, je me suis demandé ce qui n'allait pas chez moi, je me suis énormément remis en question, et surtout j'étais seul.

À l'époque, j'avais été voir la directrice ainsi que le sous directeur afin d'en parler. Ils m'ont dit qu'ils en parleraient aux élèves concernés. Vous comprendrez bien que quand c'est tout un établissement que vous avez sur le dos, c'est un peu compliqué. J'ai alors décidé de fuir une fois au lycée.

Bien que tout ça soit derrière moi, je me rend bien compte qu'il me reste de réelles séquelles comme le manque de confiance en moi qui peut facilement se faire ressentir ou alors des crises d'angoisses quand je suis tout seul, mais ça aurait pu être bien pire. Ne vous laissez pas marcher dessus et faites de votre/vos différence(s) une force. Dans mon cas, le harcèlement scolaire était encore une légende urbaine alors qu'aujourd'hui, on en parle réellement. J'ai fuis à ce moment mais c'était nécessaire dans mon cas.

Aujourd'hui, je revois certaines personnes qui ont participé à mon harcèlement et croyez-moi que harceler ne rend visiblement pas heureux. Aujourd'hui je me sens bien dans ma peau et je suis épanoui alors que ceux qui m'ont fait du mal pédalent dans la semoule. C'est une phase à passer qui est difficile, mais lorsque la victoire éclate, appréciez-là, parce que cette sensation est au-delà de tout ce que vous aurez pu subir.

La violence ne résout rien et rester calme sans vous montrer enragé les feront bouillir de l'intérieur.

 

MESSAGE AUX PERSONNES POUVANT SE RECONNAÎTRE COMME LES HARCELEURS (BIEN QUE JE DOUTE QUE VOUS AYEZ LU JUSQU'ICI) :

Il n'est pas trop tard pour bien agir, s'excuser et rattraper ses erreurs. Vous n'en n'êtes peut-être pas conscient, mais chaque parole méchante envers une personne peut avoir un impact que vous n'imaginez pas. Vous tenez vraiment à être responsable d'un suicide ? Vous aurez beau essayer de vous dédouaner, vous saurez que c'est votre faute, alors au lieu de préparer vos arrières, soyez prévoyant. Ça ne vous rendra pas plus heureux de faire de la vie de quelqu'un un enfer.